Prenez en de la graine

Récit imaginé par Eliska STEPANKOVA, Marie-Sarah CARCASSONNE et A VIODY et facilité par Vanessa WECK dans le cadre de l’atelier futurs proches réalisé le 30 avril 2022, en partenariat avec Printemps écologique et Ouishare, au titre des Rencontres de l’écologie et du travail, portant sur le thème « consommer », dans le contexte du scénario 4 « pari réparateur » de l’ADEME.

Thème de l’atelier:  Et si demain, on consommait sans surexploiter nos ressources humaines et naturelles ?  


En 2050, le monde va mieux : 80% de la population mondiale consomme de la viande synthétique. Une initiative plébiscitée et soutenue par l’ensemble des pays membres de l’ONU. Trois mastodontes se partagent les parts du marché au niveau mondial : Safe Cow, Proteinus, Very beyond meat. Proteinus détient 60% des parts de marché, pionné et leader de la protéine de synthèse.

Valentine, jeune femme a la tête d’un groupement de superettes locales, se méfie de ces viandes de synthèse et préfère manger vrai ; c’est pourquoi, elle s’approvisionne uniquement en produits bruts et sans synthèse. Ce choix ne fait pas l’unanimité. On la taxe d’anti-écolo, et son affaire périclite. Mais convaincue, elle ne lâche rien. Son grand-père , un certain Pierre RABHI, lui disait « tout vient de la terre ». Il lui a d’ailleurs légué sa ferme en Ardèche où depuis plus de 100 ans sont cultivés des semences paysannes et fertiles. Les semences sont transmises tel un véritable trésor.

Valentine, depuis plusieurs années, remarque des changements d’attitudes de la part des habitants de sa ville : ils semblent être carencés, mous, sans énergie. Leur esprit critique les abandonne, tel des moutons. Par exemple, encore la semaine dernière, un accident est survenu : une voiture autonome a foncé sur une vieille mamie qui traversait la rue, hors du passage piéton. Valentine, traumatisée, s’est ruée vers elle alors que tous les autres passants continuaient à faire leurs courses. Visiblement, ils deviennent petit à petit des zombies.

Valentine, comme tous les matins, enfile son casque virtuel pour écouter les news. Et là…Effroi, scandale sanitaire chez Protenius ! la journaliste Elisa LUCETTE, après trois ans d’enquête révèle que la protéine de synthèse est hautement addictive et déshumanise les consommateurs. Valentine se précipite dans son magasin et diffuse sur les médias un message commercial : « Tous chez Valentine. Venez vous réparer avec mes produits bruts issus de ma ferme ardéchoise ». C’est un succès phénoménal, même les japonais viennent en drone visiter sa ferme. Safe Cow veut lui racheter ses magasins et sa ferme à prix d’or. Elle refuse, catégorique, et leur répond « la terre ne s’achète pas ! ».