Panique à l’Elysée

Récit imaginé par Charlotte Marchandise, Agathe Le Bescond, Sarah Durieux, Armel Prieur, Valérie Normand et facilité par Laetitia Weiskopf dans le cadre l’atelier futurs proches réalisé le 19 mai 2021 en partenariat avec Plus belle la politique.

Thème de l’atelier: Et si nous nous imaginions un.e président.e qui prenne ses décisions en accord avec les valeurs humanistes, écologiques et démocratiques , qui l’auront amené.e au pouvoir ? 


1er janvier 2024, Charlotte rejoint son bureau de présidente inaugurée le 1er septembre dernier dans un bâtiment spécialement conçu par un collectif de jeunes architectes, très communicant dans la transparence du verre et des clairvoies en bois, face au Grand Stade de Saint-Denis. C’est férié, personne, pas un bruit, le plaisir de venir en jean et blouson, de se poser un peu après ces dix-huit mois de présidence frénétique tellement il y avait d’incendies à éteindre dans toutes les strates du pays, ouf on y voit plus clair ! Cet après-midi elle fera un tour dans le musée de la démocratie qui sera bientôt inauguré dans l’ancien palais de l’Elysée. Elle s’assoit et s’aperçoit que son ordi ne s’allume pas.

Alors apparait le même message sur tous les écrans “Madame la présidente par votre politique vous détruisez l’activité informatique en taxant et bloquant les géants informatiques qui donnent du travail à tout le secteur, vous avez développé le compte carbone en open-source, il faut redonner de l’activité à l’industrie informatique. Nous exigeons un financement de notre organisation de 1 milliard sinon nous bloquons le système électrique français, si besoin en faisant éclater une centrale nucléaire”

Elle essaie d’appeler, le téléphone ne marche pas. elle rallume son vieux portable pour joindre le ministre de l’écologie. Elle sait qu’il bosse aujourd’hui, il vient de recevoir le même message qu’elle !

C’est la panique.

L’informaticien de garde arrive car son chef est en vacances. Il essaie tant bien que mal d’aider la présidente à résoudre le problème, mais maugréant en son for intérieur “vu de ma fenêtre, je trouve qu’elle l’a cherché. Provoquer les entreprises informatiques, quelle idée. Il suffirait que la présidente paie et stoppe sa politique d’open source. Redonnons les marchés aux plus sérieux, aux gafa quoi” 

La présidente ne sait pas quoi faire. elle convoque des réunions avec les ministres, le président de l’assemblée national, du sénat, de la chambre citoyenne, ses conseillers… personnes n’est disponible. C’est férié. Est-ce qu’on évacue ? Doit elle prendre la parole à la télé ? Demander de l’aide ? Si oui à qui ? L’ensemble de ses conseillers qui dit qu’on ne faut pas prévenir les gens; que la panique peut être catastrophique;.. en plus c’est jour de l’an! !!!!!!!!!!!!

C’est la panique.

Elle retourne chez elle, demande à sa grand-mère, si ce n’est pas mieux qu’elle démissionne, et sa grand-mère se lève et lui repasse un discours de sa campagne où elle parle de transparence vis à vis du peuple français et de l’enjeu permanent de la démocratie : et là, elle comprend ce qu’elle doit faire : revenir à ses basiques, à ce pourquoi elle a été élue et avec qui. Elle décide de s’adresser à la nation en toute transparence à la radio, car la télé est hackée aussi.


La présidente s’exprime en direct pour demander de l’aide aux citoyens. “Mes cher.e.s concitoyen.ne.s l’heure est grave, j’ai besoin de votre aide si parmi vous il y a des spécialistes en cyberattack, des développeurs, des hackers, et autres informaticiens, je vais constituer une task force chargée de mettre fin à la menace qui plane sur notre pays. Si nous ne réagissons pas, on nous menace de faire exploser une centrale nucléaire. Vous le savez dans mon programme je me suis engagée à faire appel à vous, en cas de besoin et en toute transparence.”

Elle demande à des citoyennes et citoyens engagées dans le numérique libre et responsable de créer une task force citoyenne de réponse aux pirates .

Une onde de choc traverse le pays, les réseaux sociaux se mettent en place #MemepasPeur devient viral ! une centaine de personnes arrive à l’Elysée pour prêter main forte à l’équipe sur place et à l’Etat Major.

Le 30 janvier une nouvelle structure informatique opensource est mise en place et remet tous les réseaux en opérationnel.

Scène de fin:

L’informaticien bougon, devant son écran, reçoit un mail de la présidente. Elle lui propose de contribuer à la création d’une fresque du numérique émancipatrice “j’ai besoin de gens qui pensent différemment”

Il continue de râler mais accepte malgré tout.. Il conclut sa réponse d’un : “vous me faites presque regretter de ne pas avoir voter pour vous. “