le Piratage : un nouveau souffle pour Genève

Récit imaginé par Agathe, Gustavo, Marie-Hélène, Isabelle (idées seulement) je ne souhaites pas avoir les crédits sur le site et facilité par Elodie dans le cadre l’atelier futurs proches réalisé le 23/04/2021 en collaboration avec le Social Up, la plateforme d’innovation de l’Hospice Général

Thème de l’atelier: Et si nous imaginions ensemble, un espace créateur de communs pour un mieux vivre ensemble sur nos territoires ? 


Il était une fois Marie, jeune Genevoise, habitant dans le quartier de Plainpalais et animée par l’innovation. Elle en a fait son métier. Grâce à sa motivation et son acharnement, elle s’est faite attribuer la Villa Freunder et son jardin, par la Ville de Genève, pour y créer un LAB d’innovation sociale et accompagner les bénéficiaires de l’aide sociale en partie et les habitants du quartier. A cause des règles strictes qu’elle a instaurées, le lieu attire peu de monde.Parmi les objets qu’elle a fabriqué dans le fablab, un overboard portant un gros stickers à l’avant “Villa Freundler, Innovation sociale”, pour faire sa publicité. Elle s’y déplace avec ses lunettes connectées sur le nez.  


Tout d’un coup et sans explication apparente ses lunettes se brouillent, elle ne peut plus accéder à toutes les fonctionnalités qui sont déjà devenues une habitude pour elle : elle ne peut pas communiquer avec les bénéficiaires, elle ne peut pas les appeler, elle se sent perdue sans son GPS… Dans son désespoir, elle se rend compte qu’elle n’est pas la seule, tous les habitants de Genève vivent la même situation. La ville vient de subir un piratage. Marie, commence à transpirer et a du mal à respirer, elle ne sait pas combien de temps cette situation va durer et elle se sent si perdue. Elle ne pouvait que penser et se répéter que sans sa technologie, sans ses lunettes, elle ne serait pas en mesure d’aider qui que ce soit, elle  décide donc de descendre de son overboard, s’allonge sur le sol éclate en sanglots.


Une fois au sol, à travers ses lunettes embuées, elle commence à recevoir des images, des vidéos et des visions extérieures à la sienne : ce sont des extraits de la vie des bénéficiaires du Lab, elle s’immerge donc dans leur réalité, comprend une autre vision du monde à laquelle elle n’avait pas accès avant … Mais elle ne comprend toujours pas ce qui se passe. 


Agacée, Marie jettent ses lunettes connectées et les piétine au sol. Elle en fait autant avec son overboard qui ne fonctionne plus non plus. En le jetant contre le revêtement arc-en-ciel de la piste cyclable, des morceaux éclatent et s’éparpillent. En voulant se protéger les yeux, Marie perd l’équilibre. Elle trébuche, se retrouve les 4 fers en l’air et regarde le ciel. “Tiens, on dirait que la lune brille encore” s’étonne-t-elle. Une petite voix la sort de ses pensées “Hey ho ! Mes pieds madame !” Oh ! Marie est embarrassée, elle n’avait rien senti de particulier, mais ses sandales en toile écrasent une vieille paire de baskets en plastique. Elle remonte des baskets au visage et découvre devant elle la personne qu’elle voyait à l’instant à travers ses lunettes complètement différemment : pas mendiante devant une épicerie, mais habillant et encourageant ses enfants pour aller à l’école tout en déchiffrant péniblement l’adresse de son RDV. Ca alors ! Marie est sous le choc ! Elle n’a pas l’habitude de rencontrer des gens en vrai, en chair et en os comme on dit. Encore moins en ayant aperçu leur façon de vivre et de sentir. Elle est rouge comme une belle tomate.

Piztra la sort encore une fois de ses pensées en lui touchant le bras “Madame, vous m’avez fait mal !” Marie s’excuse, gênée, frissonante. Elle bafouille et lui propose d’aller boire un jus de fruit à la Villa Freundler pour faire connaissance. Des heures de discussion et des éclats de rire s’ouvrirent entre les deux femmes qui partagèrent leur vie, leurs histoires, leurs peines et leurs bonheurs. Tout était si différent et il fallu du temps à Marie pour se sentir à l’aise dans cette nouvelle réalité. C’était comme un film, mais en vrai, en 5D, avec les odeurs, les couleurs, les émotions. Whaou ! 


Pour Marie il y aurait un avant et un après. Elle ne pourrait plus revenir en arrière. Ce bouleversement était si fort, si brutal. Elle qui avait été si sûre d’elle pendant toute ces années mesurait à quel point elle déconstruisait beaucoup de croyances, d’enfermements, de mensonges à elle-même. C’était déstabilisant mais le nouveau regard qu’elle portait sur le monde, bien que douloureux lui semblait plus juste, plus réel.Elle ne pouvait pas se limiter à sa propre révélation. Elle ne voulait pas s’y sentir seule et animée par un désir de partage et de justesse il lui fallait véritablement rendre visible et perceptible ses prises de conscience aux autres personnes du laboratoire.


EUREKA, Une nouvelle expérience était née. Elle créa alors un programme d’immersion pour restaurer ce lien entre tous les membres du lab. Les rôles devaient être tournants, chacun devait pouvoir vivre la réalité des autres afin de pleinement la comprendre. Les notions de bénéficiaires et d’accompagnants disparurent car tout était fait dans ce lieu pour prendre la mesure que chaque personne y déposait quelque chose, une partie de lui-même, de son histoire et en retirait de la richesse, des réponses, des solutions, de l’ouverture.L’échange était toujours personnalisée, il s’inscrivait sur le temps long avec un vrai travail d’écoute des besoins pour ne pas mettre en place des solutions toutes faites et non adaptées à chacune des singularité. 


Elle se sentait tellement plus ancrée, en cohérence. Elle réinterrogea son ambition, ses motivations profondes et même la frénésie de sa vie. Elle décida de ralentir profondément, de donner du temps au temps. Elle voulait privilégier la qualité de la rencontre, la connexion sincère et authentique à l’autre, plutôt que le nombre de problèmes qu’elle pouvait solutionner.

Son indicateur de réussite et par la suite les indicateurs d’évaluation du laboratoire avait aussi évolué. On ne comptait plus le nombre de dossiers traités, ni le taux de retour à l’emploi, ni le coût moyen mis en place par personne mais on mesurait, sans réellement le quantifier, le chemin intérieur effectué par chacun.Le laboratoire devenait ce qu’il avait toujours voulu être, une sorte de grande éprouvette où se mélangeaient les différents ingrédients, où ils interagissaient, se connectaient, s’agrégeaient et se transformaient, toujours de manière nouvelle et surprenante.Ce lieu permettait la magie de rencontres vraies, authentiques et puissamment réelles ! 


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