Mémoires du futur

Récit imaginé par Julia Bodin, Rosemonde Rossel, Julia Pichard, Yann Girardet et Alexandre le Thiec, lors de la soirée de lancement de futurs proches à Lausanne, le 30 janvier 2020.


Zéon, enfant en 2043 cherche une solution pour régénérer les sols du Flon car aujourd’hui la perte de biodiversité a transformé le centre-ville en désert stérile.

Pensant trouver une solution dans la technologie, il pénètre dans un vieux bâtiment appartenant à un ancien laboratoire pharmaceutique fermé depuis de nombreuses années comme toutes ces grandes multi-nationales qui étaient au sommet de leur ambitions capitalistes au moment du Grand Effondrement. 

Il descend dans les archives, fouille un moment les vieux classeurs, les brevets tous plus incompréhensibles les uns que les autres et finalement, dans une petite salle noire, il découvre Constant, un cerveau, connecté, conservé dans un bocal, patrimoine local de Mémoire et d’Histoire. Grâce aux prouesses scientifiques pré-effondrement, le cerveau de Constant, un ancien cadre du laboratoire et passionné d’histoire, a été préservé puis oublié comme beaucoup d’innovations de cette époque. 

Constant, ravi de pouvoir enfin échanger avec quelqu’un après toutes ces années, invite Zéon à aller à la rencontre des prisonniers de la Plaine de l’Orbe, qui ont la mémoire de l’agriculture et des semences anciennes. “En effet,” lui explique Constant, “après le Grand Evènement d’Effondrement de l’Humanité, les prisons sont devenues des communautés d’habitations collectives et autonomes et ils ont su préserver le savoir de la permaculture et des semences. Il ne font pas beaucoup de bruit, mais dans leur petite bulle de bonheur, il vivent de leur culture.” 

Ravi d’avoir fait cette rencontre, Zéon part à la rencontre des prisonniers non sans promettre à Constant de venir le sortir de sa cave. Les prisonniers accueillent Zéon à bras ouverts et partagent volontiers avec lui les connaissances qu’ils ont cultivées toutes ces années. Sur les conseils des prisonniers, Zéon initie l’excavation et la revitalisation de la rivière du Flon pour alimenter et nourrir ce quartier qui petit à petit reprend vie au fur et à mesure que l’eau reprend ses droits. Zéon plante les semences anciennes, les associant minutieusement comme le lui ont montré les prisonniers.

Des espèces animales pensées disparues réapparaissent, les semences que les prisonniers ont confié à Zéon poussent vigoureusement et le Flon redevient un paradis de verdure où il fait bon vivre. Pour les remercier, les prisonniers sont libérés et deviennent des leaders de communautés locales d’entraide. Constant est sorti de sa cave et prend sa place au conseil du quartier ou sa sagesse est écoutée avec attention.

Les prisonniers, Constant et Zéon grandissent et se nourrissent des richesses de l’habitat communautaire du Flon et l’on sait désormais qu’il ne faut pas oublier l’Histoire et le Passé pour construire le Futur.